Le château d’Urtubie : le verrou de la Bidassoa…

En 1337, Edouard III d’Angleterre revendique le trone de France et déclenche la guerre de Cent Ans.

Le Labourd est possession anglaise depuis le XIIe siecle, conséquence du mariage d’Alienor d’Aquitaine avec Henri Plantagenet. Au sud, le roi de Castille Alphonse XI est allie du roi de France. La Navarre aussi. Le Labourd anglais se retrouve coince entre deux fronts.

Urrugne est la dernière paroisse anglaise avant la Bidassoa et l’Espagne. Il n’existe aucune fortification a trois lieues a la ronde.

Le 4 mai 1341, par lettres datees de Westminster, Edouard III autorise Martin de Tartas, seigneur d’Urtubie, a construire un chateau de pierre avec murailles et fosses « parce qu’il n’en existe pas d’autre a trois lieues de la et afin de protéger cette partie de la frontière contre les attaques de l’ennemi ».

Martin de Tartas ne part pas de rien : le nom d’Urtubie apparait des 1149 dans le Livre d’Or de Bayonne. Il existe déjà une maison noble alors, ce qu’Edouard III autorise, c’est sa transformation en place forte. Au Moyen Age, un vassal n’a pas le droit de fortifier sans l’aval de son suzerain. Le château est un verrou militaire sur l’axe côtier entre l’Espagne et Bayonne, pas une fantaisie seigneuriale.

Martin de Tartas meurt a Bayonne en 1343. Son frere Auger achève le chantier.

Source : Lettres de Westminster du 4 mai 1341 (Bulletin de la Societe des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne, p. 131). Fiche Monuments Historiques PA00084538.